
Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
«Un empire au bord de l’implosion» (Le Temps), «L’héritage de Viola Amherd est un appareil de sécurité en ruine» (NZZ).
Voici le genre de titre que l’on trouve dans la presse suisse de ce mercredi, et vous lirez en détail pourquoi dans un instant. Alors que le climat autour de l’armée n’est pas des plus sereins, le gouvernement a tout de même demandé au Parlement une grosse enveloppe pour les forces armées.
Dans cette sélection de l’actualité, nous aborderons également l’incident qui a entraîné la fermeture du tunnel de base du Saint-Gothard et une affaire judiciaire liée au premier attentat djihadiste perpétré en Suisse en 2020.
Bonne lecture!

Le Département fédéral de la défense a déposé une plainte pénale contre inconnu en relation avec la fuite concernant la démission des chefs de l’armée et des services de renseignement. Cette nouvelle a été rendue publique mardi par la Neue Zürcher Zeitung, avant l’annonce officielle.
L’édition en ligne de la NZZ a été la première à annoncer la démission du chef de l’armée Thomas Süssli et du chef du renseignement Christian Dussey, citant des sources bien informées. Ces démissions devaient être annoncées après la séance du Conseil fédéral d’aujourd’hui, ce qui a été fait.
Les membres de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national, réunis en séance, ont appris les deux départs par le biais de leurs PC, tablettes et téléphones portables. Ils étaient en pause-café et, étonnés, ont convoqué d’urgence la conseillère fédérale Viola Amherd, écrit la chaîne publique italophone RSI. La ministre de la Défense est entrée en secouant la tête et sans rien dire aux journalistes qui campaient sur place, puis est sortie par une issue de secours située dans les toilettes.
Andrea Gmür, du Parti du Centre et présidente de la Commission de la politique de sécurité du Conseil des États, s’est montrée plutôt agacée dans une interview accordée au Blick, dans laquelle elle parle d’une «catastrophe absolue». Sur X, la parlementaire se demande si la fuite ne vient pas de l’intérieur du gouvernement. «Est-ce encore le lien PLR-NZZ, Madame Keller-Sutter?», a-t-elle dit, faisant référence à la proximité du parti de la ministre des Finances avec le quotidien zurichois.
Dans ce climat peu serein sous la coupole du Palais fédéral, le gouvernement a néanmoins approuvé le message sur l’armée 2025, dans lequel il demande au Parlement d’allouer 1,7 milliard de francs aux forces armées, dont 1,5 milliard pour l’achat d’armement.
- L’articleLien externe de la correspondante de RSI au Palais fédéral (en italien)
- La réactionLien externe d’Andrea Gmür dans les colonnes du Blick (en allemand)
- d’armement RUAG, propriété de la Confédération.
- Les détailsLien externe du budget réclamé par le Conseil fédéral sur le site de RTS Info
- L’éditorial du TempsLien externe

La fuite d’informations et la démission de deux personnalités de premier plan sont loin d’être les seuls soucis du Département de la défense (DDPS), qui a été la cible de critiques de gauche et de droite après les derniers développements du scandale autour de l’entreprise d’armement RUAG, propriété de la Confédération.
Hier, les journaux ont couvert en long et en large les trois audits publiés par le Contrôle fédéral des finances (CDF), des documents aux conclusions très sévères pour RUAG en raison de soupçons de fraude, d’un manque de confiance, de transparence et de continuité, et d’une culture de l’erreur insuffisamment développée.
Werner Salzmann, membre de la Commission de la politique de sécurité du Conseil des États et membre de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice), se dit choqué et déçu par l’«énergie criminelle» au sein de RUAG. Selon lui, les responsabilités se situent à différents échelons, tant au niveau de la direction de l’entreprise que de la responsable du DDPS, Viola Amherd.
De l’autre côté de l’échiquier politique, Fabian Molina, conseiller national socialiste, parle d’un manque flagrant de contrôle et d’une «culture de la corruption». À ses yeux, RUAG a été laissée libre pendant trop longtemps.
Le Groupe pour une Suisse sans armée souhaite des mesures drastiques et, à l’instar des socialistes et des écologistes, a demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur ce scandale.
- La synthèse des réactionsLien externe sur le site de SRF Info (en allemand)
- Dans un article récent, swissinfo.ch faisait le point sur les sept principaux problèmes de l’armée suisse
Plus

Selon le rapport intermédiaire du Service suisse d’enquête de sécurité (SESE), que SRF a pu consulter, le déraillement qui a entraîné la fermeture du tunnel de base du Saint-Gothard était dû à «un problème systématique au niveau des freins des wagons de marchandises» et des incidents similaires pourraient se reproduire.
Le 10 août 2023, un train de marchandises avait déraillé dans le tunnel de base du Saint-Gothard, ce qui avait eu de graves conséquences sur le trafic ferroviaire: le tunnel avait été fermé pendant plus d’un an et les coûts des dommages ont atteint 150 millions de francs.
On savait que la cause était une rupture de roue sur le onzième wagon du convoi. Les recherches de SRF sur le rapport intermédiaire du SESE montrent cependant que la rupture n’était pas la conséquence d’une concaténation d’événements malheureux, mais d’un problème systématique résidant dans le système de freinage utilisé sur la plupart des trains de marchandises.
Interrogé par la chaîne publique alémanique SRF, l’Office fédéral des transports a répondu qu’une solution européenne était nécessaire. Le porte-parole Andreas Windlinger déclare que «nous serions heureux si cela pouvait être fait plus rapidement, mais nous sommes intégrés dans un système que nous ne pouvons pas changer seuls».
- La nouvelle de SRF repriseLien externe par RSI (en italien)

Le Département fédéral des finances (DFF) a décidé que la compagne de la personne tuée lors du premier attentat djihadiste en Suisse en 2020 ne peut pas prétendre à une indemnisation pour tort moral. En effet, aux yeux des autorités, elle ne peut pas être considérée comme une «personne proche» de la victime au sens de la Loi fédérale sur la responsabilité de la Confédération.
Le Département fédéral des finances (DFF) a décidé que la compagne de la personne tuée lors du premier attentat djihadiste en Suisse en 2020 ne peut pas prétendre à une indemnisation pour tort moral. En effet, aux yeux des autorités, elle ne peut pas être considérée comme une «personne proche» de la victime au sens de la Loi fédérale sur la responsabilité de la Confédération.
Les deux jeunes avaient commencé à se fréquenter en mai 2020 et vécu ensemble pendant un mois et demi avant qu’il ne soit poignardé dans un kebab de Morges, sous les yeux de la jeune femme, le 12 septembre de la même année. «Une durée trop courte pour permettre de retenir une relation de concubinage stable et durable», écrit le DFF dans une décision du 21 février révélée aujourd’hui par la RTS.
En outre, la jeune femme a reçu 7000 francs du canton de Vaud au titre de la Loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI) et «ne peut pas obtenir d’indemnisation de la part de différentes autorités», indique le rapport.
Cette demande était motivée par le fait que le meurtrier, qui venait d’être libéré de prison, devait respecter plusieurs règles pour ne pas être réincarcéré, notamment se rendre au poste de police une fois par semaine, ce qu’il ne faisait pas. La procureure fédérale en charge de l’affaire était au courant, mais n’a pas demandé la détention.
Pour l’avocat de la jeune femme, qui a déjà annoncé son recours, le DFF évite d’entrer dans le vif du sujet – la faute des autorités – et contredit par sa décision le Tribunal pénal fédéral, le Ministère public de la Confédération et l’autorité d’indemnisation LAVI, selon lesquels sa cliente était bien une personne proche de la victime.
- L’enquêteLien externe de la RTS

La Suisse en images
Jouer à des jeux vidéo ne signifie pas s’asseoir sur un canapé. La photo du jour montre la première Esports Virtual Arena (EVA) en Suisse, présentée ce mercredi à Martigny, en Valais.
Texte traduit de l’italien à l’aide de DeepL/op
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En conformité avec les normes du JTI
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