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Le pays le plus compétitif de la planète

La Suisse est particulièrement forte dans les domaines de l'innovation technologique. Keystone

La Suisse figure pour la première fois au premier rang du classement de la compétitivité établi pour 125 pays par le World Economic Forum (WEF).

Quatrième l’an dernier, elle profite notamment de sa forte capacité d’innovation et de la qualité de ses infrastructures.

Pour la première fois donc, la Suisse est jugée plus compétitive que les Etats-Unis et les pays scandinaves, habitués des places d’honneur.

«La Suisse dispose d’une infrastructure bien développée en matière de recherche scientifique, souligne Augusto Lopez-Claros, chef économiste au WEF. Les centres de recherche et l’industrie travaillent en étroite collaboration. Les entreprises dépensent sans compter pour la recherche et le développement, ce qui a fortement stimulé l’innovation technologique».

Le poids du nouvel indice

Tirée par plusieurs moteurs, la compétitivité helvétique profite aussi du nouvel indice mis en place l’an dernier, le Global Competitiveness Index (GCI).

Outre sa forte capacité à l’innovation technologique, la Suisse est très bien notée pour la qualité de ses infrastructures (1er rang) et de ses institutions (5e). La sophistication de ses activités financières et de l’environnement des affaires lui donnent aussi une place de premier plan (3e).

Mais de sérieux efforts restent à accomplir pour réduire les coûts de la politique agricole, domaine où elle traîne au 111e rang. Les autres freins relevés par les économistes du WEF sont le poids de la bureaucratie, l’excès de réglementations et des taux d’imposition élevés.

125 pays sous la loupe

La Suisse n’en est pas moins en 2006 le meilleur élève sur 125 pays passés sous la loupe. Le classement combine des données brutes accessibles au public et, pour les deux tiers, les résultats d’une enquête d’opinion réalisée cette année auprès de 11’000 chefs d’entreprises.

Juste derrière, la Finlande (2e), la Suède (3e) et le Danemark (4e) illustrent une nouvelle fois le dynamisme et la solidité économique des pays scandinaves. Ils affichent à la fois des excédents budgétaires et un endettement public inférieur à celui du reste de l’Europe.

Autres atouts des pays nordiques, des politiques fiscales «prudentes», qui libèrent des moyens importants pour l’éducation, les infrastructures et le développement de services sociaux. Dans l’enseignement supérieur, les états scandinaves caracolent largement en tête, occupant les trois premières places mondiales.

Recul des Etats-Unis

Quant aux Etats-Unis (relégués du 1er au 6e rang), leur compétitivité, toujours réelle en terme d’environnement microéconomique, de performance des marchés et d’innovation technologique, est victime des déséquilibres macroéconomiques grandissants.

Elle est largement plombée par l’endettement public, en hausse constante, et le niveau record du déficit commercial. La corruption, notamment dans les partis politiques, a aussi entaché l’image des institutions.

Dans l’Union européenne, l’Allemagne (8e) et le Royaume-Uni (10e) sont en léger recul. La France (18e) et l’Italie (42e) chutent plus fortement dans le classement.

En Asie, Singapour reste au 5e rang, devant le Japon 7e, suivis par Hong Kong (11e) et Taïwan (13e). La Chine, de son côté, est 54e. Elle perd six places avec une chute de la confiance envers les institutions et le système bancaire.

swissinfo et les agences

Classement en termes de compétitivité en 2006 (et en 2005)

1. Suisse (4)
2. Finlande (2)
3. Suède (7)
4. Danemark (3)
5. Singapour (5)
6. Etats-Unis (1)
7. Japon (10)
8. Allemagne (6)

17. Autriche (15)
18. France (12)

42. Italie (38)

123. Tchad
124. Burundi
125. Angola

Le World Economic Forum a revu l’indice d’évaluation des pays qui lui permet de dresser son classement.

La nouvelle formule est censée mieux prendre en compte les facteurs qui affectent la croissance économique de chaque pays.

Au total, ce «Global Competitiveness Index» se fonde sur 90 critères, contre 35 jusqu’ici.

Les variables utilisées concernent aussi bien la pauvreté, l’indépendance de la justice, l’éthique des entreprises, l’éducation ou la santé que des données plus financières et économiques.

L’analyse a notamment été affinée pour les pays européens et la Suisse dans les domaines du secteur financier et du marché du travail.

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