Enveloppes préaffranchies pour les élections valaisannes: c’est non
En mars 2025, 45,57% des ayants droit ont participé aux élections cantonales valaisannes. Malgré ce chiffre en nette baisse par rapport à 2021 (60,84%), la majorité du Parlement ne veut pas d'un préaffranchissement des enveloppes pour les élections et les votations.
(Keystone-ATS) Si le manque de candidats pour l’élection au Conseil d’Etat (six pour cinq sièges) est l’une des explications principales à cette chute des votants, les groupes politiques présents au Grand Conseil veulent lutter contre un absentéisme qui tend à progresser, élection après élection, sauf à de rares exceptions.
Un postulat émanant de plusieurs partis (Le Centre du Valais romand et du Haut-Valais, PLR, UDC) a ainsi demandé d’étudier la faisabilité et la volonté de l’utilisation d’enveloppes préaffranchies pour les votations et élections fédérales, cantonales, communales et bourgeoisiales. Une étude de l’Université de Fribourg estime à 2% le gain de participation en cas d’utilisation d’enveloppes comportant déjà un timbre.
«Une forte portée symbolique»
«Nous ne demandons pas un privilège mais simplement une simplification», avait souligné dans son texte, l’une des cosignataires du postulat, la centriste Françoise Métrailler.
Pour Alexandre Cipolla (minoritaire au sein de l’UDC du Valais romand), autre cosignataire du texte, «accepter ce préaffranchissement, c’est faire un pas essentiel vers une participation citoyenne accrue en supprimant un obstacle mineur mais significatif au vote par correspondance. C’est réaliser un geste concret en faveur de notre jeunesse et de notre démocratie.»
Tenante également de cette idée, la socialiste Claudia Alpiger a également milité pour une modification des règles de participation.
«Trop cher»
Dans sa réponse, le Conseil d’Etat a cependant choisi d’enterrer le projet: «la proposition d’utiliser des enveloppes de transmission préaffranchies n’est pas opportune. Il en coûterait entre 300’000 et 350’000 francs pour une augmentation, espérée, de 2% du taux de participation, soit environ 5000 votants supplémentaires.»
«La participation dépend dans une large mesure des objets soumis au vote», estime le gouvernement. Il n’est donc pas certain qu’un timbre gratuit va revigorer la démocratie.
«La démocratie n’a pas de prix!»
«Je prends acte de la réponse du Conseil d’Etat, mais je ne peux pas souscrire à un argument financier. Celui-ci ne peut pas justifier une situation qui crée des inégalités dans l’exercice des droits politiques dans notre canton», a conclu la première signataire du postulat, Françoise Métrailler. «La démocratie n’a pas de prix!»
Au vote, le postulat a été refusé par 69 voix contre 50 et 4 abstentions. Il est dès lors classé.
Actuellement, les cantons d’Appenzell-Rhodes-Intérieures, Bâle-Ville, Genève, Glaris, Obwald, Zoug et Zurich prennent à leur charge les frais des votants pour l’utilisation de la voie postale.