Septembre 2009. Manifestation à Bogota pour commémorer le massacre, un an plus tôt, de 11 jeunes gens des bidonvilles, tués par l’armée qui les présentait comme des guérilleros.
Luca Zanetti
A quatre heures de marche de la route la plus proche, en pleine jungle, le procureur Gustavo Duke, de l’unité des droits de l’homme du parquet de Medellin va exhumer les restes d’une homme tué en 1997 par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).
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A Balboa, le fonctionnaire du parquet s’est installé dans la chapelle du cimetière. Il prend la déposition de Jorge Luis Aguilara Lara, dont le frère a été tué par les paramilitaires en 1996.
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Sur une colline perdue à deux heures de la route la plus proche, le légiste délimite la scène du crime avant de procéder à l’exhumation de Toro Quintero, en présence de sa mère. On ne retrouvera pas la tête du jeune homme. Des témoins ont vu ses assassins jouer au football avec.
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Ofelia de Jesus était présente le 12 juin 1988, quand l’armée a kidnappé 14 ou 15 mineurs de la Rivière Nare, pour les tuer le lendemain.
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Une chaussure de football. C’est à ce détail que la veuve de Benjamin Bustamante reconnaît les restes de son mari après 12 ans d’incertitude. Le 10 novembre 1997, jour de sa disparition, il se rendait à un match. Les FARC en avaient décidé autrement.
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A l’entrée du cimetière de San Luis, la famille des frères Montoya vient assister à l’exhumation des victimes pour indentification par l’ADN.
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Le fils de Manuel Esteban Hernandez tient la photo de son père disparu. Les fouilles à l’endroit où il pourrait avoir été tué n’ont permis que de retrouver des os d’animaux. Les recherches continuent.
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Le linceul qui enveloppait le corps décapité de Toro Quintero.
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Dans les cimetières colombiens, les restes enterrés sans nom finissent souvent à la fosse commune lorsque la place vient à manquer. Ce qui complique encore les recherches des disparus.
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Au cimetière de Carmen De Atrato, les légistes viennent d’examiner ce squelette sans nom. L’analyse ADN permettra peut-être de l’identifier.
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L’équipe de l’unité des droits de l’homme du parquet de Medellin est formée d’un procureur, d’un médecin légiste, un photographe, un spécialiste en topographie, un enquêteur judiciaire et un spécialiste en balistique. Voici deux de ces hommes dans le cimetière de Balboa.
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Au cimetière de San Luis, on montre aux familles des vêtements et des objets trouvés sur les morts. Mais reconnaître un bijou ne peut servir qu’à orienter les recherches. La loi colombienne n’admet en effet comme preuve que les empreintes dentaires, digitales, ou les tests ADN.
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A Medellin, on lave les vêtements des victimes et on en fait des photographies qui seront mises sur Internet, afin de faciliter les pré-identifications.
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Au cimetière de San Luis, le père des frères Montoya porte les restes présumés d’un de ses fils vers le van des légistes qui vont les emmener pour procéder à l’identification ADN. En général, les familles attendent encore au moins une année avant qu’on leur rendre leurs défunts.
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La famille a le droit de prendre rapidement congé des restes de Benjamin Bustamante. Malgré la chaussure de football, il faudra passer par l’identification ADN, dont le résultat est sûr à 99,999%.
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Dans leur labo de Medellin, les légistes traitent des centaines de cas. On estime que jusqu’à 50'000 cadavres de victimes de la guerre civile sont encore enterrés un peu partout en Colombie, dans des tombes sans nom ou en pleine nature.
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Les familles des mineurs de la Rivière Nare, tués par l’armée régulière en 1988 assistent à l’exhumation. La femme au centre, portant des lunettes, est Martha Elena Gutierrez Chaverra, dont le fils de 15 ans faisait partie des victimes. Elle se sera battue plus de vingt ans pour que cette triste justice lui soit rendue.
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A la recherche des horreurs de la guerre civile.
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Le photographe suisse Luca Zanetti a accompagné une équipe de légistes à la recherche des milliers de disparus de presque un demi-siècle de guerre civile en Colombie. Entre 2008 et 2010, ils ont mis à jour les restes de plus de 350 victimes, dispersés dans les endroits les plus reculés du pays. Certaines familles auront attendu plus de 20 ans pour pouvoir pleurer les leurs. Et beaucoup d’autres devront attendre encore longtemps avant de connaître la vérité et d’obtenir éventuellement justice. Intitulée «la vérité a besoin d’alliés», cette série d’images a valu au photographe vivant entre Zurich et Bogota le Prix fédéral de design 2010.
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