Révision de l’AI: le référendum est déposé
Le peuple votera sur la 5e révision de l'assurance invalidité (AI). Les partisans du référendum ont déposé jeudi 67'300 signatures à la Chancellerie fédérale.
Entamée par deux petites associations de gauche, la campagne de récolte a reçu au fil des semaines un plus large soutien. Un tiers des signatures provient des seuls cantons de Genève et de Vaud.
Lancée par deux petites associations de défense des handicapés (Cap-Contact et Centre pour la vie autonome), la récolte des signatures ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices.
Mais d’autres organisations, des syndicats et des partis de gauche ont par la suite apporté leur soutien aux initiateurs du référendum.
L’objectif affiché de cette révision de l’AI est de réduire le nombre des rentiers et de maintenir les personnes atteintes dans leur santé le plus longtemps possible dans la vie active.
Pour les référendaires, cette réforme, votée par le parlement, correspond clairement à un «démantèlement social».
Réforme «déséquilibrée»
Il faut empêcher ce projet «délétère» d’entrer en vigueur, car il revient à économiser sur le dos des plus faibles, a relevé Thomas Schnebli, porte-parole de la Coordination nationale pour le référendum, devant les médias. Et de se réjouir de «l’espace politique» que ce référendum ouvre.
Les intervenants ont énuméré ce qui pour eux constitue les effets négatifs de cette révision.
Le concept d’intégration professionnelle, par exemple, les laisse sceptiques. «Tous les acteurs doivent être associés au processus: les personnes handicapées, l’AI, mais aussi les employeurs, les autorités et les autres assurances sociales. Ainsi, de véritables mesures d’intégration pourront être mises sur pied», a fait valoir la représentante de Cap-Contact.
Les référendaires ont également dénoncé le principe de la détection précoce des personnes présentant un risque d’invalidité. Pour eux, il constitue un moyen de pression supplémentaire sur les salariés en ouvrant la porte aux licenciements.
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Référendum
Financement
Autre grief, l’absence de nouvelles recettes pour assainir l’AI. «Une chasse aux sorcières contre les personnes atteintes d’un handicap et des réductions de rente ne suffiront pas pour résoudre les problèmes financiers», a souligné la députée et syndicaliste Christine Goll.
Et d’appeler à un désendettement rapide et durable. Craignant que la 5e révision de l’AI soit vidée de sa substance, le parlement avait décidé de repousser le volet financier.
La commission préparatoire de la Chambre basse planche depuis plusieurs mois sur les possibilités de financement supplémentaire. Les solutions envisagées passeraient par une hausse des cotisations et/ou de la TVA, ainsi que par une contribution de la Confédération.
swissinfo et les agences
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Assurance invalidité
Lors de sa session d’octobre 2006, le parlement a mis sous toit le projet de cinquième révision de l’Assurance invalidité.
L’objectif est d’alléger le budget de l’AI de 596 millions de francs en moyenne chaque année jusqu’en 2025.
De cette manière, l’AI atteindrait l’équilibre financier dès 2009 et aurait épongé sa dette d’ici 2024.
Pour y parvenir, la révision prévoit une action sur deux plans: d’une part, réduction de 30% du nombre des nouveaux rentiers par rapport au chiffre de 2003, grâce à une définition plus restrictive de l’invalidité, et de l’autre, diminution de certaines prestations.
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