FIFA, justice: Andreas Bantel satisfait du jugement du TAS
(Keystone-ATS) Andreas Bantel, porte-parole de chambre d’instruction de la commission d’éthique de la FIFA, s’exprime au sujet de l' »affaire Platini ».
Michel Platini se trouve sur la sellette à la suite d’un versement suspect de quelque 2 millions de francs reçu de la part de la FIFA en 2011.
La chambre d’instruction de la commission d’éthique dont M. Bantel est le porte-parole a un rôle de procureur dans cette affaire. Voici la version de l’interview autorisée accordée vendredi au journal « L’Equipe », après la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de ne pas lever la suspension de Michel Platini.
M. Bantel, quelle a été votre première réaction à l’annonce du TAS?
« On est naturellement très satisfait de cette décision car on se sent renforcé, conforté dans notre position et dans notre décision.
Ces derniers jours, en France, on avait pourtant le sentiment que les choses pouvaient tourner en faveur du Français. Et vous, à la FIFA, avez-vous douté ?
« Non. Je comprends qu’il y ait eu un certain espoir du côté français car il y a – comme c’est à tout à fait compréhensible – des gens animés par un certain sentiment national. Mais dans cette affaire, il faut appréhender les choses sur le plan juridique. Or de notre point de vue, cette suspension a été décidée sur un fond (un ensemble d’éléments) absolument fondé. On n’a donc jamais douté que le TAS conforterait notre décision. »
Le TAS a demandé que la suspension provisoire infligée à Michel Platini ne soit pas prolongée par la FIFA au-delà des 90 jours. Vous approuvez ?
« Oui car – pour nous la chambre d’instruction – cela ne nous semble plus nécessaire de la prolonger vu que le chambre de jugement de la commission (qui entendra Sepp Blatter le 17 décembre et Michel Platini le 18 décembre) a annoncé qu’elle donnera sa décision sur le fond avant Noël (le 21 décembre, selon nos informations). »
Pensez-vous que ce refus du TAS de lever la suspension de Michel Platini est de mauvais augure pour l’ancien capitaine des Bleus, concernant le verdict sur le fond?
« Le TAS a pris cette décision en estimant, je cite, que ‘le maintien de la suspension n’était pas susceptible de causer un dommage irréparable à Michel Platini pour le moment’. Ils n’ont évidemment pas décidé de l’affaire sur le fond. Il s’agit seulement d’une décision concernant cette suspension, cette mesure provisoire. Mais il est vrai que, de notre côté, nous considérons ce refus du TAS non seulement comme une approbation de notre décision de suspendre Michel Platini mais aussi comme une façon de nous conforter également sur la question du fond (la chambre d’instruction de la commission d’éthique a recommandé à la chambre de jugement une radiation à vie de Michel Platini). Mais ça, c’est seulement une interprétation de notre part. Pas un fait.
Concernant le fond, le journal zurichois « HandelsZeitung » a récemment cité une source anonyme proche de l’affaire assurant qu’aucune preuve de corruption n’aurait été trouvée contre Sepp Blatter dans l’enquête menée sur le président de la FIFA, suite au paiement suspect de 2 millions de francs à Michel Platini en 2011. Le confirmez- vous ?
« Ils ont écrit que dans sa procédure, le comité d’éthique de la FIFA n’avait pas trouvé d’éléments fondés prouvant la corruption dans cette affaire. Je doute que ce n’était pas une source neutre. »
En êtes-vous bien certain ?
« Le journaliste n’a jamais parlé avec nous. Leur source n’est donc pas neutre. Mais je ne donnerai pas plus de commentaires additionnels concernant cela. »