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La faillite de Swissair risque de ternir l’image de la Suisse

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La fin de Swissair, après 70 ans d'histoire, ne va pas seulement provoquer des milliers de suppressions d'emplois, des faillites en chaînes, et un sacré coup au moral pour tous les Suisses. Cette faillite sonne le glas d'une certaine idée de la Suisse: un petit pays sérieux, efficace et fidèle à ses engagements.

Il y a quelques années, lors d’un congrès des Suisses de l’étranger en France, un diplomate suisse souriait en évoquant l’image de la Suisse. «C’est vrai, nous passons pour des gens lents, un peu ringards, mais finalement bien sympathiques», se réjouissait-il. Et la Confédération, pour un pays propre, sérieux, honnête, et tellement efficace.

La Suisse montrée du doigt

Depuis, il y a eu l’affaire des fonds juifs, et les révélations sur l’attitude ambiguë d’un pays neutre durant la Seconde Guerre mondiale. De sympathique et prospère, le Suisse est parfois devenu, à l’étranger, âpre au gain et indifférent à la misère du reste du monde. Un exemple: malgré tous les efforts déployés pour lutter efficacement contre le blanchiment d’argent, la Suisse reste montrée du doigt.

Mardi encore, Valentin Roschacher, procureur général de la Confédération, a déclaré que «ce n’est certainement pas rendre service à la lutte mondiale contre les activités terroristes que de pointer un doigt plus ou moins accusateur sur la Suisse en la soupçonnant de favoriser les menées terroristes». Sans preuve tangible, depuis les attentats meurtriers de New York et Washington, la Confédération est en effet soupçonnée d’abriter les économies d’Oussama Ben Laden!

La fierté d’un pays

Malheureusement, le crash de Swissair ne va pas améliorer l’aura du pays. Avec Nestlé, Swissair était l’une des marques liées à la Suisse les plus connues dans le monde. Le transporteur à croix blanche jouissait d’une excellente image de marque: c’est une compagnie haut de gamme, sûre, ponctuelle, propre. Bref, c’était la fierté d’un pays de 7 millions d’habitants de posséder un géant capable de rivaliser avec Air France, British Airways et Lufthansa.

Une équipe qui perd

La chute de Swissair ne provoque pas seulement la disparition presque immédiate de 2560 emplois (et sans doute beaucoup plus ensuite). L’économie suisse risque dorénavant de passer pour une équipe qui perd.

En Italie, en Inde, aux Etats-Unis, les salariés étrangers de Swissair s’imaginaient travailler dans une compagnie insubmersible. Ils découvrent que le célèbre transporteur s’effondre aussi violemment qu’une petite société régionale ou exotique.

Ian Hamel

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